On parle de colonies de vacances, de Matthew McConaughey, d’Eukleed, de tendances naming 2026, de mort, de lien parasocial et d’illustrations.
Bonjour à tous.tes !
Nous sommes ravies de vous retrouver pour partager la sortie de notre toute nouvelle étude, consacrée aux tendances du naming en Europe et réalisée avec Fovea IP.
Bonne nouvelle : le naming européen n’a jamais été aussi vivant. En 2025, plus de 435 000 marques ont vu le jour en Europe, dont 87 000 en France, soit plus qu’il n’existe de mots dans le Larousse. La bataille de l’attention est bien réelle et ce sont le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne qui mènent la danse.
Côté sens, trois imaginaires s’imposent nettement : le Tech Takeover, porté par l’essor de l’IA et des promesses d’innovation ; le Soft Mood, avec des sonorités douces qui répondent à un besoin croissant de réassurance ; et la Vie en Vert, reflet d’attentes environnementales structurantes.
Côté morphologie, le nom court règne toujours en maître, mais se double désormais de néologismes ingénieux et de mots-valises qui permettent aux marques de se différencier dans un océan de concurrence.
Enfin, entre anglicismes assumés et ancrage culturel revendiqué, le naming compose un nouvel équilibre entre ouverture mondiale et singularité locale.
Une chose est sûre : en 2026, le naming continue d’être un terrain stratégique majeur, où se jouent engagement, désirabilité et vision de marque.
Bonne lecture !
Syscom-Prorep change d’échelle et de dimension pour devenir Eukleed, un nom qui porte une ambition pan-européenne assumée.
Inspiré d’Euclide, père de la géométrie moderne et de la division éponyme, Eukleed incarne une méthode : clarifier, structurer et transformer la complexité technologique en solutions fiables et maîtrisées. Pensée comme un point de rencontre entre innovations de pointe et réalités opérationnelles, la marque s’affirme comme un allié fiable, capable de rendre l’innovation accessible aux industriels européens.
Sa signature, Partners in Excellence, vient sceller cette promesse en inscrivant la relation dans la durée, autour de la confiance, de l’exigence et du savoir partagé.
Plus qu’un rebranding, Eukleed révèle une vision patiemment construite, qui fédère des expertises interconnectées au service d’une excellence collective. Une identité claire, rigoureuse et résolument tournée vers l’avenir.
Venez découvrir le cas Eukleed sur notre site internet.
Google Trends
Parasocial a été sacré mot de l'année 2025 par le prestigieux Cambridge Dictionary, et ce n'est pas un hasard. Ce terme, qui décrit la connexion ressentie avec une célébrité, un personnage de fiction ou une intelligence artificielle, capture parfaitement l'air du temps. Pourtant, il n'a rien de nouveau : forgé en 1956 par deux sociologues américains de l’université de Chicago, Donald Horton et Richard Wohl, il servait à l'époque à décrire l'effervescence autour d'Elvis Presley et la proximité troublante que ressentaient certains fans envers leurs idoles du petit écran.
Soixante-dix ans plus tard, le phénomène n'a fait que s'amplifier. Le préfixe para désigne ce qui est « à côté », « presque », jamais tout à fait réel. Une presque-relation, en somme, asymétrique par nature : vous vous sentez proche de quelqu'un qui, lui, ne sait même pas que vous existez. Et nous sommes tous concernés. Chaque fois que nous allumons notre télévision, scrollons sur TikTok ou discutons avec ChatGPT, nous entretenons des interactions parasociales.
Pour certains, ces échanges se transforment en véritables relations. 49 % des Français se déclarent « dépendants » du contenu des influenceurs qu'ils suivent (Source : Kapersky), tandis que 70 % des utilisateurs exploitent ChatGPT à des fins personnelles, en faisant parfois leur confident ou leur psy (Source : Open AI). Taylor Swift excelle dans cet art en s'adressant à ses « swifties » comme s'ils partageaient le même lycée, en témoigne son annonce de fiançailles : « votre prof d'anglais et votre prof de sport vont se marier ».
Mais pourquoi ce terme connaît-il un tel regain d'intérêt ? D’abord, parce que les réseaux sociaux ont brouillé les frontières entre les stars et leur public, créant une fausse horizontalité. Ensuite, parce que l'intelligence artificielle offre désormais des conversations intimes et personnalisées. Ces liens procurent du réconfort, surtout pour les personnes traversant des périodes d'anxiété. La non-réciprocité protège : pas de jugement, ni de rejet possible.
Pourtant, le parasocial a son revers. Il peut engendrer une loyauté aveugle, des comportements obsessionnels, voire ouvrir la porte aux arnaques sentimentales en ligne. Rappelez-vous Anne et le faux Brad Pitt. Bienvenue dans l'ère du « presque-lien », où la confiance se déplace des médias traditionnels vers des figures fantasmées.
Ma Frère de Lise Akoka et Romane Guéret est un film discret et lumineux, qui prend le temps de regarder l’enfance à hauteur d’enfant. Il nous emmène en colonie de vacances dans la Drôme, aux côtés de Shaï et Djeneba, deux jeunes animatrices qui jonglent entre leurs propres tourments et l'encadrement d'une vingtaine d'enfants.
Le film saisit avec justesse ces moments de vie collective : les veillées, les sorties en kayak, les discussions à bâtons rompus où tout se dit sans filtre. Une fillette chante Mon enfance de Barbara au karaoké du camping, des enfants expliquent aux adultes comment genrer Naël, Guillaume parle d’un « festin » en savourant ses « Mon Chéri », comme si le monde tenait là, dans ces détails infimes mais précieux. Les réalisatrices laissent une grande place à leurs jeunes acteurs, dont la spontanéité porte chaque scène.
Épaulées par Amel Bent dans le rôle de la directrice Sabrina, Shaï et Djeneba tissent une belle histoire de sororité. Dans une société qui multiplie les espaces « sans enfants », Ma Frère fait le pari inverse : célébrer l'enfance dans toute sa vitalité et sa complexité, avec tendresse.
Campagne Hermès "L'appel du large" : illustrations par @lindamerad, animation par @kit__klein et musique par @pascal_armand
Dans un paysage publicitaire saturé de visuels générés automatiquement, plusieurs maisons de prestige ont fait un choix radical : bannir l'intelligence artificielle et remettre le geste humain au cœur. Porsche ouvre le bal avec The Coded Love Letter, un court-métrage animé entièrement dessiné à la main par le studio français Parallel Studio. Le film mêle illustration artisanale et animation 3D, tout en disséminant huit références cachées à l'histoire de la marque, transformant le spectateur en détective et le visionnage en expérience interactive.
Hermès suit la même ligne avec sa campagne 2026 « L'appel du large », confiée à l'illustratrice parisienne Linda Merad. Douze créations réalisées entièrement au crayon puis colorisées numériquement habillent chaque section du site repensé, très loin de l'esthétique du « slop » qui envahit les réseaux sociaux. La Maison Ladurée emboîte le pas en confiant ses boîtes de Panettone à l'illustratrice Iris Hatzfeld, célébrant elle aussi le fait main.
Ce mouvement n'est pas anodin : il intervient au moment où plusieurs marques essuient des critiques après avoir misé sur l'IA générative pour leurs campagnes de Noël (cf Coca-Cola et McDonalds). En assumant les aspérités, les textures et les imperfections du travail artisanal, ces maisons de luxe réaffirment leur ADN : le soin du détail, la patience et le temps long. Quand l'automatisation devient la norme, ne pas utiliser l'IA devient en soi un geste créatif.
©bbc Screenshot/Moonshot Technologies
Dans la rubrique des batailles inattendues, l’Amérique s’est lancée dans une guerre de typographies.
En Chine, une nouvelle application connaît le succès auprès des jeunes urbains vivant seuls. Son nom ? Are You Dead? (littéralement « Es-tu mort ? »). Le principe consiste à ce que tous les deux jours, nous devons cliquer sur un bouton vert pour confirmer que l’on n’est pas mort. Si nous ne le faisons pas, l'application contacte automatiquement une personne d'urgence préalablement désignée pour l'informer que l’on est potentiellement en difficulté.
Lancée en mai 2025, l'application a connu une explosion de popularité seulement ces dernières semaines, devenant l'application payante la plus téléchargée du pays. Le contexte explique tout : d'ici 2030, la Chine comptera jusqu'à 200 millions de foyers composés d'une seule personne. « Il y a cette peur que les gens vivant seuls meurent sans que personne ne s'en aperçoive, sans que personne ne puisse appeler à l'aide », confie un utilisateur sur les réseaux sociaux chinois.
Certains critiquent le nom pessimiste de l'application, craignant qu'il porte malheur, et réclament un changement pour quelque chose de plus positif comme « Are you ok? » or « How are you? » (« Ça va ? »).
Vendue 8 yuans (environ 1 euro), l'application figure désormais dans le top des téléchargements aux États-Unis, à Singapour et à Hong Kong, probablement portée par la diaspora chinoise vivant à l'étranger. L'équipe travaille déjà sur une version spécifiquement conçue pour les personnes âgées, qui représentent plus d'un cinquième de la population chinoise.
Morbide ou rassurant ? Are You Dead? répond à une angoisse bien réelle de notre époque : celle de disparaître sans laisser de traces.
©Dazed and Confused
L'acteur américain vient de déposer son image et sa voix auprès de l'Institut américain de la propriété intellectuelle pour se protéger des usages détournés par l'intelligence artificielle.
Concrètement, Matthew McConaughey a enregistré huit marques distinctes : des extraits vidéo ou encore des répliques culte comme son triple « Alright » dans Dazed and Confused, le tout pour poser une preuve officielle de son identité numérique. L'approche est inédite : plutôt que d'attendre le dérapage et de réagir après coup comme Scarlett Johansson face à ChatGPT ou à l'application Lisa AI, il anticipe.
« Mon équipe et moi voulons savoir si, quand ma voix ou mon apparence est utilisée, j'ai approuvé et signé pour cela », explique l'acteur. Paradoxalement, McConaughey ne se montre pas opposé à l’IA, ayant même investi dans la start-up ElevenLabs, spécialisée dans le clonage vocal, qui a créé une version IA de sa voix avec son accord. Seulement, il souhaite un recours à l’IA avec consentement et rémunération.
Reste à savoir si ce geste pionnier sera suivi par d'autres personnalités, imposant une nouvelle norme dans la propriété intellectuelle. Car si les grosses pointures peuvent se protéger, les débutants auront peu de marge pour négocier la cession de leurs droits. L'ère du deepfake impose de nouvelles règles du jeu et Matthew McConaughey vient d'en écrire les premières lignes.